La Grande Guerre au cinéma pour les 3èmes

Cette année, les élèves de 3ème abordent la 1ère Guerre mondiale à la fois en histoire-géographie et en français. Dans le cadre de cet EPI (Enseignement pratique interdisciplinaire) intitulé «  Des maux et des mots », les élèves pourront présenter leurs travaux finaux, la rédaction d’une lettre de poilu, lors de l’oral du brevet, à la fin de l’année (l’épreuve est notée sur 100 points).

Afin d’enrichir leurs connaissances, voici quelques films, plus ou moins récents, qui mettent en scène la Grande Guerre. Bien sûr, ces œuvres de fiction ne sauraient concurrencer ni les archives, ni le travail des historiens. Mais chaque film, tantôt dénonciateur, tantôt fresque héroïque, tantôt course contre la montre, propose, par le regard singulier de son réalisateur, des scènes réalistes et frappantes qui pourront nourrir le travail des élèves.

- Les sentiers de la gloire, S. Kubrick : le film a fait date : sorti en 1957, il est interdit en France jusqu’en 1976 car il écorne l’image de l’armée. Un général donne l’ordre à ses hommes d’attaquer une colline imprenable. Des soldats refusent, l’armée les juge, les condamne, comme Stanley Kubrick condamne la guerre et ses aberrations.Kirk Douglas (grand acteur hollywoodien, sans lequel le film n’aurait pu être réalisé) incarne le colonel Dax, en lutte contre l’injustice. C’est lui que l’on suit dans les tranchées, dans un travelling avant devenu culte et qui fera bien des émules.

- Un long dimanche de fiançailles, J. P. Jeunet (2004) : 1919. La guerre finie, Mathilde, jeune femme handicapée, cherche son fiancé disparu, Manech. Accusé de mutilation volontaire, Manech a été abandonné en plein no man’s land et selon des témoins, tué. Mais puisque «  Si Manech était mort, Mathilde le saurait », elle part à sa recherche. Au delà de la romance, le film de J. P. Jeunet (porté par celle qui avait déjà incarné son Amélie Poulain) nous montre cette génération de jeunes gens dont les élans ont été balayés par la guerre. Des êtres décalés, poétiques, portés par un espoir qui confine parfois à la folie.

- Cheval de guerre, S. Spielberg (2011) est l’adaptation du roman de l’auteur jeunesse M. Morpurgo. Son point de vue est original : le parcours d’un cheval embrigadé sur le front et de son jeune propriétaire qui lutte pour survivre et rentrer chez lui avec sa bête. Cette odyssée barbare nous plonge dans l’horreur de la guerre. Ce n’est pas le meilleur film de Spielberg mais les émotions sont fortes et la scène d’évasion du cheval dans les barbelés reste d’anthologie.

- 1917, S. Mendes (2019) : Comment expliquer que ce film ait remporté 10 oscars cette année, sans star et avec une sujet déjà traité au cinéma ?
2 soldats britanniques sont chargés de remettre un message destiné à éviter un massacre. C’est la mise en scène qui donne un rythme haletant : le film installe vite une course contre la montre puisque nous escortons en temps réel ces 2 soldats. Le spectateur les suit à la trace dans des décors apocalyptiques d’où le danger peut venir de partout. Les mouvements de caméra – toujours le travelling, collent au plus près des personnages, de leur souffle pétri d’angoisse. Surtout, le film repose sur le procédé du plan-séquence : il se veut donc une prise de vue unique, du début à la fin, sans qu’aucune coupe en apparence ne vienne séparer 2 plans (en réalité une seule que je vous laisse deviner). Une prouesse technique, marque des plus grands comme Hitchcock l’avait fait dans La corde.

Et pour aller plus loin : Au revoir là-hautadapté du  Prix Goncourt de Pierre Lemaitre, le film d’A. Dupontel (2017) décrit une arnaque aux monuments aux morts par 2 rescapés de la Grande Guerre qui n’ont plus rien à perdre. Où comment les masques, au cinéma, deviennent objet d’art et d’émerveillement.   



 

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